Le nombre de mouvements de grève en Chine a explosé en 2015 : Jean-François Di Meglio pour Le Figaro le 9 décembre 2015

Vendredi 01 janvier 2016

Tags : Politiques sociales - politique économiques - économie - Chine

"La fièvre sociale monte dans le monde du travail en Chine. C'est en tout cas les conclusions des données fournies par le China Labour Bulletin, une ONG en faveur de la défense des travailleurs chinois et basée à Hong Kong, Selon cet organisme, de janvier à novembre 2015, 2354 grèves et mouvements sociaux ont été recensés en Chine. C'est pratiquement 1000 de plus qu'en 2014 (1379), signe d'une flambée contestataire dans le pays au cours d'une année particulièrement difficile sur le plan économique."

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Principale revendication: les arriérés de salaires

"Pour les observateurs des mouvements sociaux, la hausse du nombre de grèves est principalement motivée par un même facteur: le non paiement de salaires. «Les grandes banques chinoises prêtent surtout aux grandes entreprises. Les petites entreprises, elles, doivent recourir au «shadow banking», c'est à dire emprunter auprès d'acteurs non bancaires. Or, cette source de crédit étant évidemment instable, elle peut disparaître et l'entreprise se retrouve incapable de payer les salaires», explique au Figaro Jean-François Di Meglio, président d'Asia Centre. Il rappelle aussi que le contexte chinois n'aide pas à apurer de la situation: «En Chine, à la fois pour des raisons culturelles et juridiques, il est rare qu'une entreprise puisse légalement faire faillite. Les entreprises qui ne paient pas continuent donc à exister. Nous regardons avec attention si le pouvoir chinois va se lancer dans un processus de normalisation de cette situation, qui entraînerait pourtant à court terme la fermeture de nombreuses entreprises».

D'autant que les autorités chinoises, malgré la croissance exponentielle du chiffre des grèves, parviennent à s'accommoder - pour l'instant - de la situation. «Malgré certaines mises en garde, je ne pense pas que la croissance du nombre de mouvements sociaux soit de nature à remettre en cause le régime de Pékin. Car finalement, les actions sont très diluées, il n'y a pas de grandes manifestations de masse. C'est d'ailleurs une des clés de la stabilité chinoise: même avec l'extension d'internet et le développement des prises de conscience, les différents mouvements ne parviennent pas à se mettre en réseau»"

 

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Asia centre

Asia Centre Fondé en août 2005 par François Godement et une équipe de chercheurs et experts de l’Asie contemporaine, Asia Centre a pour objectif de conduire des recherches sur l’Asie contemporaine, d'organiser des débats et de valoriser, par des publications, les résultats de ces recherches et rencontres.