Aspects de la société Sud-coréenne

Vendredi 27 février 2015

Korea Analysis n°5 (février 2015)

Auteurs : Junghwan Yoo - Jean-Raphaël Chaponnière - Antoine Bondaz - Léonie Allard

Tags : Développement économique - Corée

« La Corée, c’est la France moins la solidarité nationale. » Cette définition lapidaire illustre le contraste entre les performances économiques et les carences sociales de la Corée.
Sortie exsangue de la guerre en 1953, la Corée s’est engagée dans une trajectoire de rattrapage des pays avancés. En 1978, à la tribune de l’Assemblée Nationale, un secrétaire d’État au Commerce extérieur agitait une petite culotte fabriquée en Corée pour fustiger la concurrence déloyale exercée par les bas salaires coréen sur l’industrie textile française. La production manufacturière coréenne - mesurée par la valeur ajoutée - était alors le dixième de la production française. Aujourd’hui au cinquième rang mondial derrière l’Allemagne et devant la France, et la Corée est l’un des pays où la densité de robots est la plus importante. La Corée et la France investissent autant d’Euros dans la R&D, un effort qui mobilise 2 % du PIB français et 4 % du PIB coréen. Alors qu’en 1995 les Coréens déposaient moins de brevets que les Français auprès de l’office américain des brevets, vingt ans plus tard ils en déposent deux fois plus. Enfin, évalué en termes de parité de pouvoir d’achat, le revenu coréen est proche du revenu français.

Consacrant trois fois moins de sa richesse que la France aux dépenses sociales, la Corée affiche les plus mauvais indicateurs sociaux parmi les pays de l’OCDE. Une situation d’autant plus préoccupante que les inégalités se sont creusées : la part du top 1 % dans la richesse nationale est plus élevée qu’en France. Parmi les ménages coréens les plus fortunés figurent les familles des fondateurs des chaebols : l’actualité récente a mis en lumière le despotisme d’une jeune héritière qui a contraint un avion de ligne à revenir au terminal au prétexte qu’un steward lui aurait manqué de respect en lui servant des noix d’apéritif !
Ce cinquième numéro de Korea Analysis est consacré à la société coréenne.

 

Sommaire

DOSSIER : ASPECT DE LA SOCIÉTÉ SUD-CORÉEN

  • 1.Interview du Professeur Kim Kyong-Dong : « La société coréenne ne s'est pas encore adaptée aux conséquences du développement économique »
  • 2. La fièvre de l'éducation (Jean-Raphaël Chaponnière)
  • 3. Le discours multiculturel en Corée du Sud (Lee Hye-Kyung)
  • 4. La mutation des ONG en Corée du Sud (Jeong Hyoung-Wook)
  • 5. Une crise des médias sud-coréens ? (Pierre Joo)

DÉCALAGE

  • 6. L'intérêt de la Corée du Sud pour le rapprochement Russie-Corée du Nord (Antoine Bondaz)
  • 7. Le secteur privé et l’aubaine de la réunification (Léonie Allard)
  • 8. L’avenir du nucléaire civil sud-coréen : entre indépendance énergétique et crainte d’un incident (Steven Eisen et Antoine Bondaz)
  • 9. La Corée du Sud entre en guerre contre le tabagisme (Antoine Bondaz)
  • 10. Le cinéma historique sud-coréen entre nationalisme et démocratie (Pascal Dayez-Burgeon)

 

Informations : koreaanalysis@centreasia.eu

Ce numéro est disponible sous forme de revue brochée en vente sur cette page, et en version électronique en téléchargement.

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Asia centre

Asia Centre Fondé en août 2005 par François Godement et une équipe de chercheurs et experts de l’Asie contemporaine, Asia Centre a pour objectif de conduire des recherches sur l’Asie contemporaine, d'organiser des débats et de valoriser, par des publications, les résultats de ces recherches et rencontres.