Date: 
Ve, 2011-02-18

Depuis septembre dernier quand un bateau de pêche chinois a heurté une patrouille de garde-côtes japonais dans les eaux contestées des îles Senkaku, les relations entre la Chine et le Japon se sont incontestablement détériorées. Nous assistons aujourd’hui à un regain de tensions autour d’un terrain désaffecté de 33 000 m² près du château de Nagoya. Les Chinois voudraient en acheter une partie à l’Etat japonais pour y construire un consulat, qui serait le plus vaste du pays. Ce projet a déclenché dans la ville la formation d’une fronde anti-chinoise dirigée par le professeur Sugimoto. Très influent, ce mouvement est parvenu, avec les 25 000 signatures de sa pétition, à faire suspendre le processus de vente en cours.

Interrogée sur la paranoïa des Japonais face à une « invasion chinoise », Guibourg Delamotte souligne avec insistance que les acquisitions chinoises, bien qu’elles aient augmenté en volume, sont loin d’être massives et ne représentent pas toujours des montants importants. Par exemple, les cinq plus grosses ventes enregistrées en 2010 ne sont pas chinoises. La réaction des Japonais, estime-t-elle, répond plutôt à la portée symbolique de ce terrain à Nagoya ainsi qu’au sentiment anti-japonais existant en Chine depuis longtemps. Alors que cette hostilité est ancienne chez les Chinois et est la conséquence de souvenirs historiques douloureux, elle n’est apparue de manière forte que récemment au Japon, alors que la Chine est devenue la 2e puissance mondiale. Cependant, il convient de relativiser cette analyse en rappelant que leurs relations commerciales se portent très bien. Les gouvernements japonais successifs ont su tirer profit de la croissance de leur voisin et la Chine est aujourd’hui le premier partenaire commercial du Japon. Ainsi, les différents enjeux à prendre en compte donnent une vision plus contrastée des relations sino-japonaises que le laisse entendre la pétition du professeur Sugimoto, et mettent ainsi la municipalité de Nagoya dans un profond embarras pour gérer cette vente.

Pour un Focus du jour sur l’émergence d’une fronde anti-chinoise à Nagoya et dans le reste du Japon, Guibourg Delamotte est interviewée pour partager son analyse des relations sino-japonaises.

L’enregistrement de l’émission est accessible sur le site internet de France 24.

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Auteur: 
Guibourg Delamotte
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Asia Centre Fondé en août 2005 par François Godement et une équipe de chercheurs et experts de l’Asie contemporaine, Asia Centre a pour objectif de conduire des recherches sur l’Asie contemporaine, d'organiser des débats et de valoriser, par des publications, les résultats de ces recherches et rencontres.